Au coeur de la vallée du Tarn, à une altitude de 460 mètres, le village de Sainte-Enimie, entouré par les hauts plateaux de Sauveterre et du Méjean, jouit d'un climat méditerranéen. Sainte-Enimie, centre des Gorges du Tarn, vieille cité médiévale, située à l'un des passages les plus resserrés du canyon, mérite un long arrêt.
Ce village doit son nom à une princesse Mérovingienne nommée Enimie. Son empreinte domine la vie du village et ses ruelles étroites. Depuis la préhistoire, Burlatis ancien nom du village, était habité. Les premiers hommes vivaient dans des cavernes situées sur les coteaux. Au carrefour de l'Auvergne et de la Méditerranée la cité fut dans l'antiquité un lieu de passage de caravanes et de muletiers qui suivaient «la grande draille d'Aubrac». C'est aux environs du VI° siècle qu’une princesse Mérovingienne, fille de Clotaire II et soeur du roi Dagobert 1er, arrive en Gévaudan, pour se faire soigner de la lèpre. Enimie, qui vouait toute sa vie à dieu, avait sollicité, afin de repousser ses soupirants, d'être affectée d'un mal repoussant. Elle fut exaucée et devient lépreuse. Son passage, à la station thermale de Bagnols les Bains, ne fut pas concluant. La princesse et sa suite, prirent alors la route de Burlatis, où se trouvait une source réputée pour guérir les croûtes de lait chez les nourrissons. La source guérit son mal, mais la maladie réapparaissait à chacun de ses départs. Elle prit donc la décision de s'installer à Burlatis. La dotation qu'elle reçut de son père, lui permit de fonder un couvent qui devint un monastère. Il fut cédé aux moines bénédictins de St Chaffre par le Pape Agapet II et l'évêque de Mende le 5 mai 951.
Le passage de nombreux pèlerins, venant porter dévotion à la Sainte, amena la prospérité. Le monastère retrouva son rang parmi les plus riches du Gévaudan et un pèlerinage fut créé et dédié à la Sainte en 987 (pèlerinage fêté encore de nos jours le premier dimanche d'octobre). Le nom de Sainte-Enimie fut alors donné à la Cité.
Au XI siècle la salle dite « Capitulaire » fut construite. Grande salle commune, bâtie pour endiguer le flot des pèlerins et servir de réfectoire ou cantine (on peut encore la visiter de nos jours). Le monastère fut encore agrandi avec la construction au XIV° siècle, de la chapelle Sainte-Madeleine. Le village est alors un centre artisanal et commercial important. Au XII° siècle, le centre de la cité est devenue un carrefour marchand, on construit «l'église Saint-Pierre du Gourg» (église paroissiale actuelle). Mais le calme ne dura pas. C'est à la fin du XIII° siècle que les remparts de la cité, furent repoussés et descendus au niveau des maisons face au Tarn. Le monastère fut élevé en Abbaye au XV° siècle. On ajouta au blason de Sainte-Enimie, créé par les religieux, au XIV° siècle les armes de Diane de Poitiers qui avait reçu, à cette époque, le titre de la Baronnie de Florac. Les révolutionnaires de 1789 avaient aboli tous les noms de saints. Le village se vit baptiser « Puits-Roc » mais il reprit vite son nom de Sainte-Enimie quand le calme fut rétabli. Sainte-Enimie restera au fil du temps un centre artisanal et commercial important, les pentes abruptes de la vallée sont aménagées en terrasses : on y cultivait la vigne, le noyer, l'amandier (terrains aujourd'hui en friche). Le Tarn était une voie de transport pour le bois, les marchandises et les touristes qui étaient acheminés dans les gorges par des relais de barques à fond plat, jusqu'à l'ouverture a la circulation de la route, de Sainte-Enimie au Rozier, en 1905.